J'ai pu faim, m'man 30/04/2012
– Où tu vas en fin de semaine? – Au premier Foodcamp Québec. – C'est quoi, ça? – Je sais pas trop. Paraît qu'on va manger comme des porcs, rencontrer des vedettes et mettre enfin des faces sur des twitteux. J'ai mis une belle robe au cas où. Le Foodcamp, c'est... ... une folle idée de Francis Laplante qui a fait son chemin. Une journée entière sous le signe de la gourmandise et de la convivialité. ... des ateliers-conférences de grands chefs, en odorama et dégustatoscope. « Oh mon dieu, on va manger toute la journée, ça n'a pas de bon sens ! », dit une madame presque horrifiée à une blogueuse (ça a été twitté, donc c'est vrai). ... aller à la rencontre de producteurs d'ici, qui font des produits de qualité dans des conditions pas toujours faciles, mais dont la passion est plus que communicative. Mais le Foodcamp, c'est aussi... .. des prestations de pâtisserie haute voltige sur fond de dubstep. Fumée, jeux de lumières, explosions de ballons, j'me serais crue dans un rave. Sauf qu'on était tous à jeun (le sucre, ça compte?) et que les glowsticks étaient remplacés par Instagram. ... manger une crème brûlée dans le hatchback d'une Volkswagen. C'est ce qui arrive quand tu fais descendre de Sherbrooke le blogueur Olivier, qu'il apporte un dessert juste pour toi et qu'il le caramélise avec sa torche à même le stationnement du Château Laurier. ... faire sa groupie avec Danny St-Pierre, l'un des chefs les plus hilarants et les plus talentueux de sa génération. Il a maintenant un charmant problème : 300 participants au Foodcamp vont aller lui booker son resto Auguste tout l'été. ... se faire gâter pas possible. Je peux maintenant me pavaner à mon futur nouveau boulot avec une tasse Keep Cup offerte par Be Coffee. Ça valait la peine de se lever à une heure impossible un samedi matin dans un froid sibérien. ... ♥ attention, moment d'émotion ♥ rencontrer enfin des blogueurs, des foodies, des passionnés avec qui on discute presque tous les jours sur les intertubes. Et se rendre compte qu'on est collectivement au diapason : manger est plus qu'un plaisir, c'est un besoin viscéral qui doit être partagé pour être satisfaisant. (Vous pourriez juste dire qu'on est dépendants affectifs, ça serait un beau synonyme.) Et alors? Après tant d'excès, on se trouve vraiment cocotte d'avoir réservé pour un festin entre amis au Hosaka-ya. J'ai bu un thé, that's it. Mais, encore dans les vapes euphoriques, ça ne m'a même pas fait de peine de ne pas manger. Pour les 15 heures suivantes. C'est dire... Mais je me cultive déjà un appétit pour l'an prochain. En attendant, ma place à La Tanière est réservée (le 29 juin, je me roule par terre) et on n'attend que le temps clément pour une virée à Sherbylove. Pour un vrai récapitulatif de la journée, écoutez ma chronique à La capitale blogue en baladodiffusion! Merci Julien pour avoir immortalisé la dégustation dans ton coffre de char et mon moment « Mon dieu je touche à Danny » en compagnie d'Olivier. 1 Comment Les hommes de Croc-Mignon 25/04/2012
Et hop! Un deuxième topo pour la géniale et cultivée webtélé Code Culture, votre source de protéines intellectuelles, faible en matières grasses avec haute teneur en contenu. Cette fois-ci, je promène mon micro et mon estomac au lancement de la boucherie Le Croc Mignon à Limoilou. ♫ Faut que ça saigne! ♫ Envie d'y aller? Un bedon conscientisé 22/04/2012
(Ceci est un rare billet pseudo-engagé. Vous êtes prévenus.) En ce Jour de la Terre, les consciences s'éveillent, soudainement, nous sommes tous prêts à composter furieusement, à manifester (pas violemment, j'espère) et à frotter son carrelage de salle de bain au vinaigre blanc (histoire vécue). Malgré mon titre autoproclamé de snob, je ne suis pas à l'abri de la vague verte, bien au contraire. Sans pourtant m'y connaître en bio, je suis tout de même d'avis que tout commence dans l'assiette. Pas besoin de faire votre épicerie à la Carotte Joyeuse et de vous nourrir exclusivement de quinoa pour faire une différence. Inspirez-vous des petits conseils qui suivent, soyez curieux, mettez la main à la terre. Dans le filet à poissons Premièrement, évitez le thon rouge. Oui, je sais, c'est ben ben bon. C'est justement ça, le problème. On est trop nombreux à trouver ça bon, et les thons ne sont pas assez nombreux pour se réjouir de leur popularité. Tournez-vous donc du côté des poissons issus de la pêche durable. Notre Ricardo préféré a préparé un petit aide-mémoire, et le site SeaChoice, une initiative de la Fondation David Suzuki, a un outil de recherche très exhaustif, mais malheureusement en anglais seulement. Plus simplement, fiez-vous à un vrai bon poissonnier, comme JEF à Québec. Dans le tiroir à viande Incapables de vous résoudre à devenir végétariens? Je vous comprends. Mais il est possible de manger de la viande sans se sentir trop coupable. D'abord, visiter un boucher qui s'approvisionne chez des éleveurs d'ici est un bon geste. Je pense à la ferme Eumatimi, dont le boeuf se retrouve dans les cuisines de bon nombre de grands restos de la province, qui fournit un boeuf goûteux, et pas cher en plus! Posez-vous aussi la question sur la provenance du petit animal dans votre assiette. Avant d'atterrir entre votre couteau et votre fourchette, comment était-il élevé? Nourri? La blogueuse Élise Desaulniers, ma référence en éthique animale, peut vous en dire plus. Curieux des appellations bios et réservées? Le site du CARTV est là pour vous aider. S'il est difficile d'être végé quand on a la dent carnivore, on peut tout de même s'adonner au plaisir des lundis sans viande et tromper son boucher comme les Carnivores infidèles. Le tofu n'a pas à être synonyme de dépression. Dans son verre Les avis divergent sur la biodynamie (La bio-quoiiiii? La bio ça), tout comme sur les effets des sulfites sur la santé. Sans pour autant céder à une fausse vague de panique, on peut toujours lorgner du côté des vins nature, à la SAQ ou en importation privée. Dans le doute, j'appelle David le sommelier fou ou Rémy Charest à la rescousse. Dans sa pantry Faites une place aux produits du Québec dans votre garde-manger. Promenez-vous au marché Jean-Talon à Montréal, au marché du Vieux-Port de Québec, jasez avec les producteurs, achetez local pas parce que c'est local, mais bien parce que c'est bon. Pourquoi ne pas encourager à la fois votre fermier local et la consommation de légumes frais chez vos marmots en vous abonnant à un panier du producteur? Manger plus lentement, manger mieux, c'est aussi l'idée du mouvement Slow Food. Sur son balcon Ma principale joie de fille déménagée : mon premier balcon, et les premières boîtes à fleurs de ma vie d'adulte qui sont fournies. Fines herbes à la portée de la main? Même le pouce pas-vert-du-tout que je suis peut y arriver. Vous êtes plus doués que moi? Laissez-vous inspirer par l'aventure du Fermier urbain, animée par Ricardo et en ondes à Radio-Canada dès le 26 avril à 19 h 30. Trois familles expérimentent l'agriculture urbaine. Ça donne envie d'avoir son jardin communautaire... Il y a tant de façons de rendre son assiette un peu plus responsable. Je ne suis pas hypocrite : je ne fais pas à la lettre tout ce que je vous ai mentionné. Mais j'en fais un peu, et c'est un leurre de croire qu'un peu multiplié par plusieurs ne donnera rien. Vous avez de bonnes idées pour un bedon conscientisé? Faites-m'en part dans les commentaires! Ajout : après avoir aussi bien mangé, de grâce, fermez donc le robinet pendant que vous vous brossez les dents! Open bar (à pain) 03/04/2012
Petite, j'aimais bien le macaroni et le spagat'. Jusqu'à ce que je me tanne. Ça tache, ces affaires-là. Je ne sais même pas à quand date la dernière fois où j'ai mis les pieds dans un Pacini. Ça devait être pour le bar à pain. C'est toujours pour le bar à pain. Même que quand j'ai dit que j'avais été invitée à découvrir le nouveau concept de Pacini (je sais, des mots qu'on ne s'attend pas à entendre dans la même phrase), mes copains se sont exclamés d'un ton horrifié, en bégayant d'inquiétude : « Ben là, il vont pas... enlever le bar à pain, toujours? Mais où est-ce qu'Annie va aller cruiser? » Rassurez-vous : le baro à pano reste (désolée, je ne parle pas italien). Ce qui change, par contre : l'accueil. C'est là-dessus que mise le propriétaire de la chaîne, Pierre Marc Tremblay. Afin de recréer l'accueil à l'italienne, les créateurs se sont inspirés des petits marchés romains et d'endroits comme Eataly (paraît que Batali et Bastianich ont piqué le concept à Pacini). Quand on entre dans le nouveau restaurant de Lebourgneuf, le premier de la chaîne à adopter le concept, on arrive dans une petite épicerie avec sauces maison, pâtes, fromages, huiles et ustensiles. Pour ajouter à l'atmosphère, toute la musique ou presque a été choisie par Marco Calliari, qui est porte-parole de la chaîne depuis des années. Mais n'espérez pas entendre « Fous-moi la paix » pendant que vous dégustez votre duo pizza ultra piccante. Volonté du propriétaire : changer les perceptions qui veulent qu'une chaîne ne peut pas être synonyme de qualité ni authentique. Pour l'authenticité, je ne saurais dire. Par contre, pour la qualité, je dois avouer que les bouchées qui nous ont été servies étaient assez goûteuses. Proscuitto di Parma, jambon, saucisson étaient tranchés sur place sur une machine ben ben chère, qu'a dit le proprio. Nous avons aussi croqué dans des crostinis bocconcini-pesto et chèvre-herbes ma foi assez satisfaisants et dans un slider à la boulette marinara avec roquette et généreuse tranche de parmesan (mon coup de coeur même tiède, la viande était tendre et juteuse avec un goût frais d'herbes, dans une sauce pas trop salée). Comme beaucoup d'enfants nés dans les années 80, je suis restée marquée par l'image du Pacini familial, où nous allions en sortie quand les sous le permettaient. Je me nourrissais exclusivement de bar à pain et de salade César à volonté, et je faisais des p'tits yeux de Bambi pour que ma mère me refile sa cerise-dans-le-gras-brun-sucré-pas-vraiment-du-chocolat-sous-vide. Je suis repartie avec un petit cadeau de verrines de dolci (mais pas de cerise emballée) et l'esprit curieux. Viendrait-on de me faire la passe du coyote en me convaincant d'y retourner pour essayer le risotto aux champignons de la mamma de Marco Calliari (pour vrai là)? Ça se peut bene. En tant que super-ultra-VIP-de-la-mort-qui-tue, j'ai eu droit à une bise de Marco Calliari (c'est pour toi, ça, ma belle Sylvie). Pis oui, je lui ai fait une joke sur Anonymus. Sur l'invitation d'Isabelle Verdier qui, grâce à son bon travail, a réussi à me convaincre à la fois d'aller dans un Pacini et à Lebourgneuf, un doublé. Curieux d'y aller? Des places de même, amenez-Moisan! 31/03/2012
Le matin même où on voit ma belle grosse face dans Le Soleil (faites pas de trace de café dessus, ça va valoir cher), en compagnie des plus fins estomacs blogueurs de la capitale, ma première capsule de webtélé pour Code Culture est en ligne. Sur de la vieille musique (Joséphine Baker, en l'occurrence), je visite une vieille place que, vieux ou pas, vous vous devez de connaître. Je viens de jesuissnober votre matinée. Je suis la PKP des mangeux de Québec. Envie d'y aller? (Pour la première partie des vieilles affaires, c'est ici.) Quiz : foodie, anti-foodie ou de quossé? 10/03/2012
Le débat fait rage. Qu'est-ce qu'un foodie? (On pourrait faire la blague «qu'est-ce que ça mange en hiver?», mais on risquerait d'y passer la soirée avec un récit du dernier trip à la Cabane à Martin ou de la visite au Juneau nouveau. Alors, on va s'abstenir.) Si vous ignorez la réponse à la question, il y a peu de chance que vous sachiez ce qu'est un anti-foodie (je soupçonne les anti-foodies de ne pas être sûrs eux-mêmes de la réponse). Tel un feu de Bengale sur un Joe Louis de fête, je propose de faire la lumière sur ces beaux concepts à l'aide d'un quiz hyper scientifique qui vous aidera à mettre un nom sur votre compulsion culinaire. Vous n'aurez besoin que d'un crayon et du papier et 10 minutes de votre temps à perdre. Prêt? Go! 1. Pour vous, un chef, c'est...
a) Un gars avec une toque. Genre Vézina, là, avec son t-shirt moulant, c't'un chef, han? b) Quelqu'un qui met de la bouffe dans mon bedon quand je suis trop paresseux pour faire la vaisselle. c) Ben là, je dois donner une définition générale ou en nommer un? Parce que là, en nommer juste un, c'est comme impossible, là, faudrait faire des sous-catégories selon la région et le type de cuisine, et aussi selon l'approche, parce que tsé, l'approche, c'est ce qui fait tout, han, avec le produit, oh oui, le respect du produit, parlons-en... d) Moi dans mes temps libres. Parce que je vous dirais bien que j'ai un resto pop up underground sur invitation, mais c'est comme, tsé, super underground, alors je ne peux pas en parler. 2. Une fourchette et un couteau, ça sert à quoi? a) À manger mon poula Benny, parce que la tite fourchette en plastique qui vient avec le combo poitrine, elle mange mal en viarge. b) À manger. C'est une question sérieuse, ça? c) À se nourrir dans un restaurant occidental. Bref, moi, je ne touche pas à ça quand je mange de l'authentique thaïlandais, et ne me parlez même pas de ça quand je mange de l'éthiopien. De l'injera, ça vous dit rien? d) À rien. C'est tellement overrated. Ça fait longtemps qu'on est rendu au spork. 3. Le restaurant parfait, ce serait... a) Dans mon salon. Comme ça, j'aurais le droit d'être en bobettes sans que ça soit indécent. b) Pas trop loin de chez nous. J'aime bien manger à l'extérieur, mais pas trop à l'extérieur non plus. c) Un restaurant dont le chef me reconnaîtrait à coup sûr, j'aurais ma place assignée et on tasserait les gens ordinaires pour m'y placer. d) Celui qui serait toujours en avance d'au moins trois modes culinaires sur le reste de la planète. Sauf si c'est ironique, genre comme les shooters aux pickles. Ça, c'est super ironique. 4. Sur le menu, j'aime commander... a) Le premier plat en haut de la liste. C'est toujours le moins cher (j'ai catché la crosse, moé!). b) Souvent la même chose. Des fois, je change, mais je suis souvent déçu parce que ce n'est pas la même chose que d'habitude. c) Ce qui est le plus authentique. Point boni si c'est pas sur la carte. J'aime ça commander des choses qui ne sont pas sur le menu, surtout si elles sont ultra authentiques. d) Les plats qui ont l'air le plus débile. Si y'a pas de pattes de poulet en sauce caramel et poivre et leurs accompagnements de popcorn au bacon et cerise frite, je ne vois pas ce que je fais là. 5. Votre dernier repas serait... a) Du poula Benny. Attends, c'était pas la réponse à une autre question, ça? Ouin, ça fait pas fancy, han? Bon, euh, une pizza double hamburger au fromage et bacon chez Boston Pizza. Mais attends, là, on va la manger sur place, beubé! Viens pas dire après que j'te sors jamais, ok? b) Sûrement quelque chose que j'aime bien, que je mange souvent. Comme un tartare de boeuf (mais pas trop épicé) ou des crevettes teriyaki. Ça, ça serait bon, des crevettes teriyaki... Mais ça dépend du resto. Parce que ça ne goûte pas pareil partout et des fois, je suis déçu. c) Le dernier truc à la mode, comme une salade betteraves-fromage de chèvre ou du yogourt grec. Pas question de mourir en étant out, ok? Et c'est certain que je vais twitter chaque bouchée jusqu'à mon dernier souffle. d) Quelque chose que je n'ai jamais mangé avant. Pas question de mourir en étant in comme les autres moutons, ok? Royales gourmandises 26/02/2012
Dans le cadre de la folle aventure de la Revengeance des duchesses et parce qu'on ne peut jamais sortir la gourmande de la duchesse et inversement, j'avais préparé deux petits billets à la fois amusants et instructifs que je reproduis ici. On appelle ça recycler le vieux stock. Macarons de duchesse Tout en générosité, Guillaume Barry, le chef de cuisine au Moine Échanson, a accepté de vous partager sa recette digne des tables princières. Et si vous êtes découragés par tant d’étapes, sachez que mon cordon-bleu vous offre d’envahir votre cuisine avec tout l’attirail nécessaire et de vous apprendre à macaronner. Et non, ça ne se fait pas avec la Macarena en trame de fond. La chanson qui vous reste dans la tête après ce visionnement est une gracieuseté de Sylvie Vartan et Carlos, « Quand un petit pâtissier ». Merci à Guillaume, Bertrand et au Moine Échanson pour m’avoir permis de les déranger pour ce tournage et laissé manger les restants. Même mon chat mange dans Saint-Jean-Baptiste (Petit précis de gastronomie saint-jean-baptistienne à lire un croissant à la main) Les faubourgeois sont de grands gourmands, des mangeurs, des amateurs, des croqueurs, des rieurs, des buveurs et des connaisseurs. Où mangent-ils? Où s’abreuvent-ils? [À part à la fontaine de ma grâce, je veux dire.] Pour le savoir, je vous ai préparé une petite carte toute couronnée indiquant les endroits où il fait bon se gaver dans SJB. Afficher Même mon chat mange dans SJB sur une carte plus grande Note : je ne suis pas responsable des prises de poids subites, des crises de foie ou d’appendicite ou des déménagements imprévus pour assouvir une quelconque dépendance que l’un des délicieux lieux ci-dessous aurait pu créer. C'est vrai qu'Eataly rime avec Italie 18/02/2012
Confession : je n'ai jamais été une grande fan de bouffe italienne. Je n'ai jamais bavé devant Sous le soleil de Toscane, je n'ai pas pleuré de bonheur au-dessus d'un risotto et voir François-Étienne Paré se bourrer la face à travers la Botte sur les ondes d'Évasion m'écoeurait pas mal moins que Francis Reddy en Espagne. Ça, s'était avant que Mario Batali arrive dans ma vie. Consommatrice compulsive d'épisodes d'Iron Chef America, j'ai trouvé tout naturel de planifier mon premier voyage à NYC, il y a quatre ans, selon un parcours de star chefs. Batali et son Babbo m'ont fait comprendre l'attrait que la bouffe italienne exerce chez mes congénères à coups de pieuvre grillée, de champignons marinés, de pâtes au chèvre et au fenouil et de tarte aux amandes carrément émouvante. Puis, le temps que l'on se remette de nos émotions et que l'on ramasse des sous pour les flamber à nouveau à NYC, Batali a eu la brillante idée d'ouvrir, avec Lidia Bastianich (ZE reine de la cuisine italienne aux États-Unis) (mets ça dans ta grosse tête, Giada!), un marché/épicerie/pâtisserie/boulangerie/poissonnerie/gelateria/bar à pâtes/wine store-tout-en-un. Et par peur que les clients ne mangent pas à leur faim, ils ont ajouté 12 restaurants différents. Mise en garde : les photos suivantes peuvent entraîner la salivation abondante. P'tite napkin nécessaire. Eataly, c'est le salon international de la porno culinaire à l'année longue. C'est la meilleure façon de vous faire dépenser votre budget d'une semaine en quinze minutes : comptoir de charcuteries maison, bar à champignons frais, plus de 400 fromages à dévorer, grands frigos remplis de lait, de crème et de yogourt bios, fabrique de pâtes, buffet de crème glacée... j'arrête ici, j'ai faim et je suis loin. Pour goûter ce qu'Eataly offre de meilleur, à mon avis, et sans hypothéquer sa maison pour une troisième fois, je suggère l'arrêt à La Piazza, le bar à charcuteries et fromages, dans l'allée centrale. D'accord, c'est un peu bizarre de manger debout, accoudé à une table haute en marbre, mais si les Véniciens le font, je veux bien moi aussi. Pour 22 $, on obtient un plateau de viandes et de fromages, avec accompagnements (citron confit, compote de figues et miel aux amandes) et beaucoup trop de bon pain. Un verre de vin est un must, pour ceux qui ont l'âge (contrairement à mon air, faut croire, parce que je me suis fait carter par une serveuse plus jeune que moi). J'ai même un excellent truc à vous donner pour tempérer votre bourse et votre bedon : allez vous claquer un beigne et un matcha latté chez Doughnut Plant une demi-heure avant, c'est sur le chemin en plus. C'est comme le contraire de manger avant de se baigner. Ça évite les crampes de portefeuille. Envie d'y aller? Y aller en courant 20/01/2012
Comment dit-on the talk of the town, en japonais? Je l'ignore, mais inventez-vous une prononciation et gardez-la en tête tout au long de ce billet. La rumeur (vite confirmée par une minuscule affiche dans la fenêtre) excitait les mangeux de soupe de la vieille capitale depuis quelques mois : le Hosaka-ya, ce resto japonais chéri par tant, dont moi en tête de liste, se mettait au ramen. Non, pas ces ramen-là, mais bien ceux-là. Avec d'interminables journées toutes plus polaires les unes que les autres, l'attente était vécue comme un supplice. Chaque jour, la question de l'ouverture était débattue, des espions étaient envoyés sur Saint-Joseph pour se coller le nez dans la vitre. Toujours rien. Lundi, mon Facebook s'enflamme. On aurait vu de la lumière à l'intérieur. L'ami d'une amie d'un collègue du cousin du gars qui habite coin Caron qui a vu l'ours aurait senti du bouillon. Puis, mercredi, Dez Jeff décide de se mettre à dos toute la Twittosphère gourmande de ce bord-ci de la 20 en annonçant qu'il y est allé, qu'il a vu et qu'il a mangé. Normalement, je ne joue pas à la foodie gonflable. J'aime qu'un resto soit bien rodé avant d'y mettre les pieds, que les serveurs sachent ce qu'il font et ne me versent pas de soupe sur mon beau brushing quand j'y vais pour la première fois. Mais là, au yâble le brushing, j'avais besoin d'un chaud bouillon et de me la jouer hipsterofoodie en disant « je connaissais ça avant que ça soit in » (genre deux semaines avant tout le monde). L'accueil, comme chez son grand frère de Limoilou, est aussi charmant et bruyant, façon izakaya. J'aurais pu commenter sur le décor si je n'avais pas eu les lunettes embuées (une marque de commerce chez moi). Le menu se détaille en différents bouillons : clair, au miso façon Hokkaido, au shoyu (sauce soya comme à Tokyo) et tonkotsu (au porc). À cela s'ajoutent divers accompagnements hyper traditionnels : algues nori, porc châshû, oeuf dur et légumes. Je peux affirmer, en toute pomposité, que les ramen se comparent avantageusement à ceux dégustés à New York pour lesquels j'avais fait la file pendant plus d'une heure. Surprise sur le menu : des tsumamis! On retrouve le poulet frit kara age, les edamame et les je-n'arrive-pas-à-croire-que-je-n'en-ai-pas-commandé gyoza. Comme si j'avais besoin d'une excuse pour y retourner (en fait oui, sinon j'aurai juste l'air un peu dérangée). J'y suis allée en courant et pas juste parce qu'il faisait drôlement froid. Surtout parce que j'étais terrifiée à l'idée que ça soit plein. Vous devriez faire de même (en fait, si je vous conseille d'y aller rapidement pour éviter que ça soit plein, hé bien, ça sera plein, car vous m'aurez tous écoutée... N'y allez pas, donc, et laissez-moi la place!) Envie d'y aller? Hosaka-ya Ramen 75, rue Saint-Joseph Est Pour en savoir plus sur les ramen De la bonne lecture : le premier numéro du magazine Lucky Peach, du célébrissime David Chang, est consacré au ramen. On y donne même une recette à base de nouilles instantanées... et oui, le gars est étoilé Michelin. Puis, les mangas Le gourmet solitaire (en français), sur la gastronomie japonaise en général, et le numéro 3 de Oishinbo (en anglais) sur les ramen et les gyoza. D'ailleurs, pourquoi ne pas en profiter pour faire une petite visite au Fanamanga pour bouquiner et déguster un bubble tea (le meilleur en ville) comme dessert? Pour amuser votre hommeMesdames, payez-lui un bon Ramune. Ça goûte le cream soda en moins sucré-mal-de-coeur, et la petite bille amusera votre compagnon pendant des heures. On est proche de la relation chat-boîte. P.-S. : Le chef m'a reconnue. J'étais pas mal énarvée. Fallait que je le dise. |





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