J'avais mis ma robe fleurie vieillotte, convaincue que ça me ferait passer incognito (interdiction de fredonner Céline sur ce blogue, ok?) parmi les hordes de baby-boomers en pause de golf, public cible du Café du monde dans ma tête de pré-trentenaire. Or, c'est moi qui avais presque l'air décalée dans le nouveau décor oh so branché que le café s'est payé l'an dernier. Au moins, j'ai pu me cacher derrière ma poutine géante et redécouvrir cette belle adresse en dehors des clichés de croisiéristes en bas beiges et sandales. D'abord, parlons de la vue, car c'est toujours ce qui frappe au Café du monde. La verrière donne sur le fleuve (bon, d'accord, on a vue sur Lévis, mais c'est mieux que rien) et assis au rebord de la fenêtre, on se croirait en bateau (mal de mer en moins). Ce qui plaît ensuite, c'est ce qu'on a dans le verre, puisque le café est maintenant accrédité Bistro Beaujolais, le seul au Canada. Cela signifie que toute l'année, on peut y déguster des vins des 12 appellations de la région (pis essayez pas de m'en faire nommer plus que 4, j'ai déjà coulé ce test-là). Comme on essaie d'attirer le soleil comme on peut, on opte pour le rosé Laurent Gauthier en apéro. Gamay FTW! (Gamay pour la victoire, comme on dit à Villefranche-sur-Saône.)
Parce que nous sommes invités en tant que blogueurs, on dit «oui monsieur» et on regarde son verre et son assiette se remplir tout seuls: plateau d'huîtres, puis shooter d'huître façon Bloody Caesar, puis un autre petit verre de Beaujolais blanc... Et malgré tout, je parie que si j'y étais allée par moi-même, petite robe vieillotte ou pas, j'aurais eu le même accueil chaleureux, la marque du Groupe Restos Plaisirs.
Et parce qu'il faut bien éponger tout ce vin à un moment ou à un autre, on finit par tomber dans le vif de l'assiette: le menu Terre et Mer. Une grosse promo à l'ardoise qui oblige à faire des choix déchirants entre le surf'n'turf (porc et gambas), le homard Thermidor (un classique qu'on croirait botoxé tellement il n'a pas pris une ride dans nos coeurs d'amateurs), la paëlla (grosse comme deux têtes d'homme), le magret de canard avec pétoncles on the side et la poutine au homard. Poutine, vous avez dit? Mon hamster mental s'active soudain et court plus vite dans sa roue afin de me faire choisir ce monstre de gras et de plaisir: de la chair et une grosse pince (d'où le port obligatoire de la bavette, l'accessoire mode de la saison), de la Tomme des Demoiselles et une sauce bisque. Il n'en fallait pas plus pour faire taire une tablée de blogueurs (mine de rien, ça demande pas mal de concentration, trucider un homard sans en faire juter à la ronde, tout ça en instagrammant sa bavette).
Parce que je suis une petite futée, je n'ai pas terminé ma poutine, histoire de me laisser de la place pour un gros petit dessert. Pas folle (malgré le hamster mental qui continue de jogger pour perdre les calories de la poutine), je sais qu'il y a au menu un truc pas croyable, un truc plein de sucre et de beurre et de crème et de friture: la crème glacée frite, avec coulis de caramel au beurre salé. Ça, je l'ai fini. J'avais besoin d'une petite séance de séduction pour me convaincre que le Café du monde, ce n'est pas réservé qu'aux grandes occasions quand maman et papa paient (genre «on vous sort en grand les enfants»). Et je veux bien me laisser cruiser par des poutines au homard. Envie de vous laisser séduire? Café du monde84, rue Dalhousie Menu Terre et Mer jusqu'au 16 juinUn immense merci à Sylvie de Tac Tic Marketing (encore et toujours!) et à Pierre et Martine du Groupe Restos Plaisirs pour l'invitation.
J'avais envie de crier «Gloire à Ganesh!» quand je suis tombée sur cette adresse. Chaque restaurant indien visité précédemment à Québec avait toujours un petit détail agaçant: hygiène légèrement douteuse, absence de four tandoor, sauces trop liquides ou sucrées, prix discutables... Je dois aussi avouer que j'en avais marre de me faire rabattre les oreilles par mes copains de Mourial à propos de leur «petit resto indien du coin, une vraie trouvaille, j'te dis, le meilleur en ville et personne ne le connaît!» (j'ai tellement d'amis à Montréal que j'en ai conclu que soit ils parlaient tous du même resto sans le savoir, ou alors tous les plus grands chefs de Mumbai, New Dehli et de la moitié du Pendjab avaient immigré dans Villeray). Maintenant, c'est chose faite: moi aussi j'ai mon petit indien du coin que personne ne connaît et qui vaut le détour. Shahi Tandori de son p'tit nom. Vous essayerez, vous, de rendre ça photogénique, un cari d'agneau. Le truc avec la cuisine indienne, c'est de commander la moitié du menu et de piger dans tout. Plus on a d'amis (préférablement pas des snobs de Mourial, sinon ils voudront comparer, tsé), plus c'est plaisant, sauf quand il reste un seul bhaji à l'oignon. Ça peut créer des tensions et même briser des couples, c'est bon d'même.
Afin de continuer de filer vers le doux bonheur conjugal, Monsieur Snob et moi avons commandé vraiment, vraiment trop de plats dans la table d'hôte: papadums avec leur trio de trempettes (finies à la cuillère, on s'excuse du manque de décorum), les bhajis de la discorde, brochettes, samosas, soupe Mulligatawny, cari d'agneau aux tomates, poulet au beurre, riz et pain naan (sans lequel je refuserais même de passer la porte).
Repue, je suis sortie sans même regarder l'addition. Mais je sais que c'était pas cher payé pour autant de petit bonheur épicé. On remet ça bientôt, peut-être même avec les copains de l'autre bord de la 20. Moi aussi, je veux flasher mon Indien du coin. Envie de vous gaver? Shahi Tandori 326, rue Dorchester
Apportez votre vin
C'est facile de bluffer dans le vin, surtout dans une dégustation à l'aveugle: sortez des mots-clés comme minéralité, longueur en bouche, fruits compotés ou, pour les plus aventureux, empyreumatique oubedon gouleyant. Vous voilà fin connaisseur, tasse-toé Parker!
En réalité, et c'est ce qu'on découvre dans une vraie dégustation à l'aveugle, c'est que nos sens sont à la fois interdépendants les uns des autres tout en sachant nous tromper. Il faut donc s'y fier... et pas en même temps. Récit d'un bal masqué vinicole, qui est aussi devenu un bel exercice d'humilité. Oh la bonne idée qu'a eue mon ami Julien: réunir autour d'une même douzaine de verres à vin des amateurs, un ou deux connaisseurs et quelques ignares (je m'inclus volontiers dans cette dernière catégorie) afin de s'initier au jeu de l'aveugle. Chaque invité amène une bouteille masquée, autour de 25$, et on joue à qui se trompe le plus au-dessus d'un plateau de fromages du Québec. La seule bouteille nue était le cava, sabré pour l'occasion par Kler-Yann, sommelier de profession et sabreur émérite. Les autres étaient toutes admirablement vêtues de papier alu. C'est pas chic, mais ça fait la job. Nous avons séparé les blancs des rouges et essayé de deviner au moins le continent. Même ça, c'est dur en titi! Les caractéristiques si typées Nouveau Monde ou Europe ne sont plus une référence quand on n'a pas vu l'étiquette et qu'on hésite à se lancer. Ça partait dans tous les sens: Bourgogne, Alsace, Prince Edward County, Nouvelle-Guinée (je précise que c'était une blague, han). Après, on pouvait bien rigoler: un vin japonais est devenu un champagne flat, et un langhe s'est promené partout sauf en Italie. Le coup de coeur généralisé de la soirée: le Eyeswinechut. Devinez qui l'a amené? Avec un jeu de mots d'même, vous n'allez pas hésiter longtemps. J'ai trouvé cette petite merveille de vin nature du Périgord, 100% merlot, au Moine Échanson (alias mon resto préféré ever). Une fois les 8 (9? 10?) bouteilles ouvertes (mais pas toutes bues, je vous rassure), nous sommes passés à l'armagnac 46 ans. Ça, c'est l'avantage de tenir l'événement chez un sommelier, en plus d'avoir quelqu'un qui nous guide à savoir si on est un peu dans le champ, pas mal dans le champ ou carrément là où Chris Hadfield chillait il y a peu de temps. Nous nous sommes promis de répéter l'expérience bientôt et je vous encourage à faire de même. Je n'ai peut-être pas scoré fort dans l'identification du vin japonais rapporté par Julien, mais j'ai au moins trouvé le vin jaune (et pas à la couleur, je vous rassure) et déclaré, d'un ton très sérieux, que le langhe avait une distincte odeur de spraynet. Vidal Sassoon, tenue extra, selon le consensus féminin. Et dire que dans trois jours, je pars pour Tastecamp, une fin de semaine de découverte vinicole avec des journalistes spécialisés. Je songe à prétexter une extinction de voix pour éviter de m'humilier. L'important, quand on se part un club, c'est de se trouver un nom. Nous sommes les Vins signifiants. Pour un excellent billet sur les défis de la dégustation à l'aveugle et plusieurs vidéos fort instructives, visitez le blogue de l'apprentie sommelière Marie-Hélène. C'est drôle, pédagogique et libérateur.
Il donne l'impression que c'est dimanche et que les jours meilleurs sont très proches. -Marlène Dietrich La bouteille Ah, le champagne, cette piquette des pauvres. On espère tous en mettre une bouteille au frais, un jour, pas seulement pour le boire, mais surtout parce que ça signifie que l'on a quelque chose à fêter. Ma bouteille à moi a été mise au frais. A été dégustée, en famille, dans des coupes héritées de ma grand-mère. Je rêvais d'ouvrir une bouteille d' Ayala zéro dosage brut nature depuis que j'en avais sifflé deux flûtes au Salon international des vins et spiritueux de Québec. Je rêvais surtout d'avoir une occasion de trinquer à une bonne nouvelle. La voici enfin. La raison Après des années d'hésitation et grâce à un ange blond, j'ai enfin mis derrière moi ma vie de salariée insatisfaite et plongé dans le travail autonome à mi-temps. Je suis donc devenue officiellement rédactrice et réviseure pigiste. J'ai même pondu un joli site de mes blanches mains: www.carolinedecoste.com. N'hésitez pas à répandre la merveilleuse nouvelle! (Faut bien se vendre un peu dans la vie.) L'autre mi-temps, me direz-vous, à quoi je la consacre? À être «femme créative à tout faire» (rédaction, correction, traduction, animation de réseaux sociaux, création de contenu) pour l'éditeur de marque YQB Média. Ma mission, entre autres: aider à faire naître le magazine 1608, un nouveau venu dans le paysage de Québec qui promet de vous faire tomber ou retomber en amour avec la ville et ses habitants créatifs et inspirants. Surveillez la création de la page Facebook (parce que je vais travailler fort, tsé)! (Et la petite coquille dans le site web est sur ma liste de priorités, promis.) Ci-dessus, là, c'est votre lecture en juin.
«Vous voulez voir du chocolat liquide? On vous le met dans' face.» Ça, c'est Dominique Brown (oui oui, l'ex-Beenox) qui le dit. C'était ce qu'il mijotait en semi-secret depuis son départ : faire un rebranding complet des Chocolats Favoris, véritable institution à Lévis depuis 1979, et proposer un concept «unique au monde». Mardi soir étaient conviés petits et grands, tous amateurs de crème molle trempée, au dévoilement du nouvel espace sur le boulevard de l'Ormière, troisième succursale de la rive-nord à ouvrir après Charlesbourg et Cap-Rouge. Oui, vous avez bien lu : je suis allée en banlieue. Y'avait du chocolat. Mystère résolu. Première impression, une fois mes narines habituées à l'odeur de cacao et de théobromine, c'est que l'opération rebranding a été réussie. Le décor blanc immaculé (je vois quand même en cauchemar des petites traces de doigts pleins de chocolat partout sur les murs dans quelques semaines...) rajeunit l'image de l'entreprise plus-que-trentenaire sans pour autant que le desing soit voué à être dépassé dans six mois. C'est chic, intemporel parce que minimaliste et les emballages redessinés façon vintage sont superbes.
Outre les crèmes molles trempées qui ont fait le succès des Chocolats Favoris depuis l'ouverture (eille, 12 saveurs!), les quatre succursales offriront aussi dès aujourd'hui un bar à fruits (à arroser de chocolat, bien entendu), en plus des traditionnels sorbets maison et des chocolats fourrés. Le «concept unique au monde», ce sont les tuyaux à manivelle qui distribuent du chocolat liquide et sous lesquels tout le monde veut se pencher la gueule ouverte. Mais au lieu de bouches de clients motivés, c'est dans des boîtes de conserve qu'atterrit le chocolat, boîtes qui se transforment en fondue dessert à emporter. Le chocolat y reste liquide environ deux ou trois heures; plus tard, il suffit de le réchauffer en bain-marie pour obtenir une fondue en 20 minutes, «parfaite pour les gars qui ont le réflexe de sacrer une palette de chocolat au micro-ondes pour le faire fondre», disait le proprio (moi, j'accuse aussi les filles pressées, tiens). Pour toutes les fondues sont proposés des accords choco-alcoolo, créés par Philippe Lapeyrie.
Je suis repartie, non sans avoir soupé à la crème molle (un groupe alimentaire en voie de reconnaissance par le Guide alimentaire canadien), avec un joli sac contenant de la fondue «noir classique». Je fais une razzia chez le fruitier et je vous en reparle.
La seule chose qui manque à cette fantaisie chocolatée, c'est Gene Wilder en complet mauve qui chante. Sinon, c'est très prometteur, même sans Oompa Loompas. Envie de chocolat? Chocolats Favoris9030, boulevard de l'Ormière Autres succursales à Charlesbourg, Cap-Rouge et Lévis (l'originale) Merci (comme d'habitude!) à Sylvie Beaulieu de TacTic Marketing pour l'invitation.
La vie d'une blogueuse bouffe peut vous sembler très glamour. «On sait bien, toi, mardi soir, pendant qu'on se tapait du touski devant 30 vies, tu étais reçue au Toast! Gratos!» (Vous aimez faire des rimes, je vous connais.) Sachez que je tape ceci les doigts pleins de gras de poulet cheap. Mais ça va, j'ai mangé au Toast avec Québec Exquis mardi et, franchement, ça faisait un bout de temps que je n'avais pas eu une belle soirée comme ça. Un jumelage Québec-Oies (oui, le jeu de mots fait un peu mal) et Christian Lemelin, dont le foie gras au torchon présenté au FoodCamp Québec de l'an dernier hante encore mes rêves, ça allait de soi dans l'assiette. En rafale, j'ai mangé : un parmentier d'oie avec pommes de terre au foie gras (oui!), un suprême d'oie (le canard en prend pour son rhume) couché sur de la soie en purée, un chausson aux pommes et à l'érable, une tartelette érable et chicoutai et de la glace au bacon (oui! encore!). Tout ça arrosé de Langhe Rosso Palladino, d'un petit barossa (que, dans mon plaisir vinicole un peu exacerbé, j'ai fait immigrer en Italie (allô la blogueuse inculte)) et d'un bon doigt de Coureur des bois. Sans les vins, un menu aussi élaboré frôlerait sans doute le petit brun; heureusement pour vous (et votre marge, carte de crédit ou triple hypothèque), suffit de débourser 50$ pour vivre l'expérience du Toast grâce à Québec Exquis. C'est certes l'un des choix les plus chers des cartes du soir, mais je le dis là, là, sur les interwèbes et devant public: ça le vaut, chaque cenne. Le dessert est à lui seul un panorama du Québec, avec la tartelette à la française, le chausson à l'anglaise et la glace au bacon (oui! bis!). Oui, vite comme ça... on dirait que la crème glacée est la suite de la purée. Illusion d'optique totalement voulue, vous saurez.
Je prends la peine d'écrire ceci une fois les légères vapeurs de l'alcool dissipées (c'est qu'ils sont généreux, les verres) et j'ai fait corroborer tous les faits et opinions par mon copain qui m'accompagnait. Il s'est d'ailleurs plaint à trois reprises qu'on lui avait servi une assiette vide (c'est notre petite blague d'amoureux).
On le répète, Québec Exquis est l'occasion parfaite de découvrir des tables «de luxe» à prix frisant presque autant le ridicule qu'un témoignage de Vaillancourt à la CEIC.
Surtout, ne vous gênez pas pour prendre l'accord mets-vins si vous pouvez vous le permettre. Non seulement le langhe, tout en fruit, vient couper le gras du parmentier et élève le tout, mais dites-vous qu'y'a rien comme une petite promenade pompette dans l'Écolobus un mardi soir.
Envie de mettre un ! dans votre semaine? Restaurant Toast!17, rue du Sault-au-Matelot Québec ExquisDu 16 au 28 avril 2013 J'ai été reçue au Toast à l'invitation de Québec Exquis en tant que blogueuse officielle.Un immense merci au personnel du restaurant, qui nous a reçus de façon exceptionnelle.
Détrompez-vous: je n'écris pas sous la menace, ma boîte aux lettres ne contient pas de poisson (durable) emballé dans un iPad (les journaux papier, ça pollue) et je suis en pleine possession de ma volonté (et de mes facultés, si certains en doutaient). Seulement, quelle foodie serais-je si je ne vous parlais pas du FoodCamp Québec comme tout le monde? Une bien mauvaise (ou paresseuse). Plutôt que de vous défiler tout ce que vous avez manqué en n'y étant pas, je me propose d'énumérer un tas de bonnes raisons qui font que c'était la journée à ne pas rater de l'année à Québec (pardon Céline), ce qui, j'en conviens, revient pas mal au même. - Parce que la nourriture peut émouvoir: à preuve, la bouchée préparée par Stéphane Modat en début de journée, qui m'a catapultée en plein Londres juste par les papilles avec sa crème Devon et son thé Earl Grey de chez Camellia Sinensis. Le voyage dont je rêve depuis mes 10 ans s'est passé dans ma bouche en un éclair. La beauté de la cuisine, c'est justement son pouvoir évocateur,
- Parce que la bouffe peut faire réfléchir: David Forbes des Labours a allumé un petit quelque chose chez chacun des participants avec sa réflexion extrêmement juste. Pourquoi se préoccupe-t-on autant des terroirs dans le vin, et pas dans l'alimentation? Une question qui fera spinner bien des neurones chez plusieurs dans les prochaines semaines,
- Parce que notre héritage mérite d'être célébré: notre terroir est riche, notre histoire est tissée de mille et une influences. De charmants fous comme David Forbes (encore lui!), Arnaud Marchand, la Société Orignal, Terroirs Québec et tant d'autres travaillent à poursuivre les traditions culinaires et à nous construire une identité alimentaire,
- Parce que les abats peuvent faire rire: comment résister à l'esprit délirant de Danny St Pierre? On ne résiste pas, on se laisse emporter. Langue, cervelle et coeur reprennent avec lui du service sans donner dans le spectacle d'horreur. Et j'aimerais remercier ceux qui n'ont pas eu l'estomac assez solide pour le tartare de coeur, j'ai pu piger dans votre portion et c'était délicieux!
- Parce que la cuisine rassemble: encore une fois cette année, j'ai pu mettre des visages et des voix sur des tweets et revoir des amis, des chefs et des passionnés,
- Parce qu'on n'a jamais fini de découvrir, d'apprendre, d'être émerveillé.
Être blogueuse signifie être gâtée pourrie, comme dirait ma mère.
Ce n'est pas tout de manger dans la vie (enfin, si... mais bon); c'est bien aussi, une fois de temps en temps, d'offrir quelque chose de substantiel à notre corps au-dessus de la ceinture. C'est pourquoi, histoire de brûler les calories du FoodCamp de samedi, j'irai arpenter les allées du Salon international du livre de Québec. Ça me calera aussi le ciboulot. Ma maison est un temple dédié à la lecture (et aux racks à épices). Lectures alimentaires N'hésitez pas à aller faire des tatas à vos chefs préférés! Je crois qu'ils peuvent tous se passer de présentation... - Normand Laprise : samedi de 14 h à 16 h, stand 269;
- Marie-Chantal Lepage (une fille de Québec) : samedi de 14 h à 16 h et dimanche de 13 h à 15 h, stand 66;
- Ricardo (ben oui...) : vendredi de 17 h à 19 h et samedi de 13 h à 15 h, stand 287 (amenez votre équipement de camping, la file sera longue!)
Nourriture intellectuelle Parce que je suis avant tout une grande lectrice (même si c'est difficile de tourner les pages tout en mangeant des grilled-cheese), je me dois d'aller saluer ou rencontrer des écrivains dont les livres n'ont pas de photo de bouffe dedans. Je sais, c'est bizarre, mais bon... - Samuel Archibald : ce n'est pas parce que c'est un ami que son recueil de nouvelles Arvida est meilleur. Au contraire : nous sommes devenus amis justement parce que son livre était bon. (Avis : ce livre est à mes yeux une lecture obligatoire pour tout habitant ou natif du Saguenay);
- Catherine Voyer-Léger : un peu d'intellectualisme ne fait jamais de tort, surtout quand c'est Catherine qui vous fournit la dose. Détails et dédales, ce sont des réflexions pointus mais pas arides sur un tas de sujets. Une lecture idéale si vous avez l'impression de perdre votre temps en brassant un risotto;
- Valérie Harvey : je conçois que les essais peuvent rebuter certains lecteurs. Mais celui de Valérie, Le pari impossible des Japonaises, me paraît la lecture idéale pour essayer d'en comprendre un peu plus sur ce pays qui me fascine depuis 20 ans. Le compagnon parfait pour un bol fumant du Hosaka-ya Ramen;
- Deni Y. Béchard : dire que Vandal love ou Perdus en Amérique était un livre événement serait peu dire. Il revient avec un opus particulièrement bien nommé pour le présent billet, Remèdes pour la faim. C'est un peu le Joe Beef de la littérature actuelle : suivez le buzz...
Et pour ceux qui aiment les réflexions qui brassent un peu la cage, ne manquez pas la conférence d'Élise Desaulniers à propos de son ouvrage Vache à lait, qui porte sur les dessous de l'industrie laitière, lundi 15 avril à 18h30 à l'Université Laval. Meuuuuuh? (On s'y voit?)Salon international du livre de QuébecDu 10 au 14 avril 2013 Centre des congrès de Québec
Pour moi, l'alimentation crue, c'est un tartare de boeuf. Je suis plus du type bacon bits que graines de chia. Alors quand la responsable de l' Expo Santé et vivre vert m'a proposé de tester des produits, je me suis demandé un instant si j'étais vraiment le public cible. Va pour la luzerne, j'ai eu ma passe au secondaire, mais je ne suis pas très grano. J'ai quand même dit oui, parce que quand c'est bon, on ne dit pas non. J'accuse souvent mon chum de finir le pot de pesto sans m'en parler et d'oublier d'en racheter. Avec les six pots que m'a fait parvenir Monsieur Basilic, disons que chéri sera à l'abri de mon courroux pendant un bon bout de temps. Nous avons inauguré le pesto aux noix de cajou dans des linguine à la courgette et au fromage de chèvre. Une recette parfaite pour les soirs de semaine: un paquet de pâtes, un filet d'huile d'olive (pour éviter qu'elles collent si on veut un lunch le lendemain!), des courgettes qu'on fait légèrement revenir dans l'ail, du pesto et on termine par du chèvre émietté, 15 minutes top chrono. Le pesto à l'érable et aux pacanes, étonnamment peu sucré, a trouvé grâce entre deux tranches de pain et une bonne beurrée de Brise du matin de la fromagerie Alexis de Portneuf. Cris de jalousie à prévoir. Ce que j'ai aimé des pestos? Leur goût frais et leur texture ferme, ce qui permet d'ajouter de l'huile aux pâtes ou aux recettes sans faire de soupe.
Voilà: vous avez lu mes excellents conseils sur comment vous comporter en public lorsque de l'alcool est consommé, et vous êtes prêts à affronter la foule en quête de bon nectar. Voici la question qui fait monter l'anxiété: quoi mettre dans le verre? Grâce à mon flair légendaire (comprendre: mon gros nez) et aux bons avis de copains connaisseurs ( David et Julien), j'ai déniché pour vous quelques découvertes qui, je l'espère, vous éviteront de chiller trop proche du stand du Ménage à trois. Arrêt 1 : le stand d'Importation Syl-VinsUn objet en vue: le morgon Domaine du P'tit Bellevue, un coup de coeur depuis longtemps. Je sais, il faut cracher pour faire comme les pros, mais impossible avec celui-là, je l'aime trop. Pour comparer, Vincent alias Bu du Québec, me sert L'Auguste de la même maison, un truc complètement fou fermenté en fûts pendant 30 jours, ce qui signifie que toutes les 6 heures, les fûts doivent être retournés. C'est curieux, c'est aéré et fruité et ça vaut le détour. Arrêt 2 : La QVOn se laisse emporter par la verve de Jean Bourdy, dans le Jura, qui nous jase d'un savoir vieux de 15 générations. Son vin jaune, tout en noix, nous fait rêver de fromages sur planche de bois. La légende derrière son Galant des Abbesses est presque ésotérique: un manuscrit du 16e siècle, du raisin, des épices indiennes... une histoire tout aussi échevelée que le monsieur lui-même! (Attention: ça tape.)
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