Commençons par une question-quiz : combien de bouteilles ont été bues entre jeudi et dimanche à Bordeaux fête le vin à Québec?

A) Au moins 10
B) Une couple
C) 20 000
D) J'ai arrêté de compter à ma troisième

Heureusement pour vous, toutes ces réponses sont bonnes. Et encore plus heureusement pour vous, j'ai pris quelques notes, au cas où vous auriez répondu D).

Une organisation quasi parfaite...

... sauf pour deux détails, impossibles à prévoir pour les organisateurs :

1) La maudite météo : pas moyen d'avoir un entre-deux. Avec les pavillons extérieurs, soit on cuisait comme des petits cannelés dans la tente de l'École du vin Tanguay, soit on se les gelait au bord de l'eau passé 17 h (note à moi-même: toujours mettre des leggings sous mes robes, ou sinon me faire poser un troisième bras qui pourra tenir mon verre pendant que les deux autres retiendront ma robe qui se prend pour le Cirque du Soleil);

2) Les motivés du coupon qui, s'impatientant lorsque leur verre était vide depuis plus de 45 secondes, se versaient eux-mêmes une rasade, ou vous bousculaient pour être le prochain à déguster un Château La Levrette parce que c'est-drôle-hihihi-as-tu-vu-Lynda-c't'un-vin-cochon!*
Sinon, je n'ai que des félicitations à adresser aux organisateurs. Les toilettes étaient semi-propres, l'accueil à tous les stands était souriant (même si, au grand désespoir d'un pauvre monsieur, il y avait beaucoup trop de Français) et aucun Écolobus n'a pris en feu. Un score parfait, donc. 

Mes coups de coeur vinicoles

J'ai fréquenté assidûment la tente Saint-Émilion/Fronsac/Pomerol, et pas juste en raison de ma passion pour la première appellation. On m'a demandé de prêter mon palais à une Mission 00 Vin pour SAQ Cellier, et j'ai fait mes devoirs le long de la rive droite, l'autre bord ayant été attribué à Julien Marchand, alors que Guillaume Barry se tenait dans le Sweet Bordeaux (prononcez «souîîteuh»). Vous pourrez nous voir courir sous les tentes un verre à la main, comme de vraies Charlie's Angels, brushing gaufré en moins, d'ici deux semaines sur les interouèbes.

Dans ma course, j'ai d'abord opté pour le Château du Val D'Or, un beau saint-émilion grand cru tout en finesse. Mais comme il n'est disponible nulle part à moins d'aller le chercher soi-même, j'ai changé mon plateau de dégustation d'épaule et je suis tombée sur le Château Guibeau. Faudra écouter la capsule pour savoir pourquoi!

Futée, je suis allée espionner du côté de la rive droite (Médoc et Graves), pour goûter moi aussi aux découvertes de Julien. Nous avons tous fait la course pour le Château Smith Haut Lafitte 2009, dans le blanc (oui oui!), qui surprend par sa personnalité presque atypique. Il fallait être là, comme on dit... 
La grande rencontre de vigneron, à mon avis (puisque nous étions un peu là pour ça!) s'est faite avec M. Thierry Labuzan, du Château des Gravières, toujours sur la rive gauche. Amoureux de sa région, les Graves, il nous a fait en accéléré tout un cours d'histoire sur son terroir et sa spécificité. Généreux de paroles et de vin, il nous a donné envie de partir illico pour Portets.

Suffit de regarder les sourires ci-dessous pour voir que la bonne humeur de Thierry était plus que contagieuse.
Troisième coup de coeur pour la rive droite, le Château La Cabanne 2001, dont le producteur, M. François Estager, pose fièrement avec son petit bijou (il y a de quoi!). Cette merveille de balance entre le fruit et le tannin, avec un petit côté à peine épicé, est disponible à la SAQ pour un peu moins qu'un demi-bras.
Votre Cabanne, je vous conseille de le déguster avec trois choses : le jambon de Bayonne de Pierre Oteiza (en vente à l'Épicerie Européenne), le jésus du même Pierre et des amis (dont on voit les mains plus que nonchalantes ci-dessous).
Mains et vins
Selon la légende basque, les charcuteries sont vendues en cornet que les femmes placent dans leur décolleté afin d'avoir les mains libres... Hum!
Et, sans être un grand favori, le Château La Fleur du Casse 2009 mérite mention pour un point : ses arômes de poivron, typiques d'un saint-émilion. Le jargon de sommelier vous paraîtra moins farfelu lorsque vous aurez le pif plongé dans un verre et que vous aurez l'impression de sniffer un dedans de piment.

À l'an prochain?

Je l'espère bien! En attendant, je fais encadrer ma passe média, je continue d'en apprendre en tant qu'amatrice éclairée sur cette région viticole magnifique qu'est Bordeaux et on se pratique le foie entre amis. Je me donne un an pour détrôner Robert Parker.


*Pour ceux qui n'auraient pas eu la chance de s'abreuver à cette position vinicole, sachez que la bouteille ne valait pas la blague salace. Tout comme le Vieux Guillou 2005, qualifié d'agace-piquette (copyright : Guillaume B.).
 


Comments

19/09/2012 10:55

La vidéo de BFVQ avec mon ami Guillaume Barry chef à domicile est superbe ! Bravo à vous!

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