J'avais mis ma robe fleurie vieillotte, convaincue que ça me ferait passer incognito (interdiction de fredonner Céline sur ce blogue, ok?) parmi les hordes de baby-boomers en pause de golf, public cible du Café du monde dans ma tête de pré-trentenaire. Or, c'est moi qui avais presque l'air décalée dans le nouveau décor oh so branché que le café s'est payé l'an dernier. Au moins, j'ai pu me cacher derrière ma poutine géante et redécouvrir cette belle adresse en dehors des clichés de croisiéristes en bas beiges et sandales.
D'abord, parlons de la vue, car c'est toujours ce qui frappe au Café du monde. La verrière donne sur le fleuve (bon, d'accord, on a vue sur Lévis, mais c'est mieux que rien) et assis au rebord de la fenêtre, on se croirait en bateau (mal de mer en moins). Ce qui plaît ensuite, c'est ce qu'on a dans le verre, puisque le café est maintenant accrédité Bistro Beaujolais, le seul au Canada. Cela signifie que toute l'année, on peut y déguster des vins des 12 appellations de la région (pis essayez pas de m'en faire nommer plus que 4, j'ai déjà coulé ce test-là). Comme on essaie d'attirer le soleil comme on peut, on opte pour le rosé Laurent Gauthier en apéro. Gamay FTW! (Gamay pour la victoire, comme on dit à Villefranche-sur-Saône.)

Parce que nous sommes invités en tant que blogueurs, on dit «oui monsieur» et on regarde son verre et son assiette se remplir tout seuls: plateau d'huîtres, puis shooter d'huître façon Bloody Caesar, puis un autre petit verre de Beaujolais blanc... Et malgré tout, je parie que si j'y étais allée par moi-même, petite robe vieillotte ou pas, j'aurais eu le même accueil chaleureux, la marque du Groupe Restos Plaisirs.

Et parce qu'il faut bien éponger tout ce vin à un moment ou à un autre, on finit par tomber dans le vif de l'assiette: le menu Terre et Mer. Une grosse promo à l'ardoise qui oblige à faire des choix déchirants entre le surf'n'turf (porc et gambas), le homard Thermidor (un classique qu'on croirait botoxé tellement il n'a pas pris une ride dans nos coeurs d'amateurs), la paëlla (grosse comme deux têtes d'homme), le magret de canard avec pétoncles on the side et la poutine au homard.
Poutine, vous avez dit? Mon hamster mental s'active soudain et court plus vite dans sa roue afin de me faire choisir ce monstre de gras et de plaisir: de la chair et une grosse pince (d'où le port obligatoire de la bavette, l'accessoire mode de la saison), de la Tomme des Demoiselles et une sauce bisque. Il n'en fallait pas plus pour faire taire une tablée de blogueurs (mine de rien, ça demande pas mal de concentration, trucider un homard sans en faire juter à la ronde, tout ça en instagrammant sa bavette).

Parce que je suis une petite futée, je n'ai pas terminé ma poutine, histoire de me laisser de la place pour un gros petit dessert. Pas folle (malgré le hamster mental qui continue de jogger pour perdre les calories de la poutine), je sais qu'il y a au menu un truc pas croyable, un truc plein de sucre et de beurre et de crème et de friture: la crème glacée frite, avec coulis de caramel au beurre salé. Ça, je l'ai fini.
J'avais besoin d'une petite séance de séduction pour me convaincre que le Café du monde, ce n'est pas réservé qu'aux grandes occasions quand maman et papa paient (genre «on vous sort en grand les enfants»). Et je veux bien me laisser cruiser par des poutines au homard.

Envie de vous laisser séduire?

Café du monde
84, rue Dalhousie

Menu Terre et Mer jusqu'au 16 juin


Un immense merci à Sylvie de Tac Tic Marketing (encore et toujours!) et à Pierre et Martine du Groupe Restos Plaisirs pour l'invitation.
 
 
J'avais envie de crier «Gloire à Ganesh!» quand je suis tombée sur cette adresse. Chaque restaurant indien visité précédemment à Québec avait toujours un petit détail agaçant: hygiène légèrement douteuse, absence de four tandoor, sauces trop liquides ou sucrées, prix discutables... Je dois aussi avouer que j'en avais marre de me faire rabattre les oreilles par mes copains de Mourial à propos de leur «petit resto indien du coin, une vraie trouvaille, j'te dis, le meilleur en ville et personne ne le connaît!» (j'ai tellement d'amis à Montréal que j'en ai conclu que soit ils parlaient tous du même resto sans le savoir, ou alors tous les plus grands chefs de Mumbai, New Dehli et de la moitié du Pendjab avaient immigré dans Villeray). Maintenant, c'est chose faite: moi aussi j'ai mon petit indien du coin que personne ne connaît et qui vaut le détour. Shahi Tandori de son p'tit nom.
Shahi Tandori
Vous essayerez, vous, de rendre ça photogénique, un cari d'agneau.
Le truc avec la cuisine indienne, c'est de commander la moitié du menu et de piger dans tout. Plus on a d'amis (préférablement pas des snobs de Mourial, sinon ils voudront comparer, tsé), plus c'est plaisant, sauf quand il reste un seul bhaji à l'oignon. Ça peut créer des tensions et même briser des couples, c'est bon d'même.

Afin de continuer de filer vers le doux bonheur conjugal, Monsieur Snob et moi avons commandé vraiment, vraiment trop de plats dans la table d'hôte: papadums avec leur trio de trempettes (finies à la cuillère, on s'excuse du manque de décorum), les bhajis de la discorde, brochettes, samosas, soupe Mulligatawny, cari d'agneau aux tomates, poulet au beurre, riz et pain naan (sans lequel je refuserais même de passer la porte). 

Repue, je suis sortie sans même regarder l'addition. Mais je sais que c'était pas cher payé pour autant de petit bonheur épicé. On remet ça bientôt, peut-être même avec les copains de l'autre bord de la 20. Moi aussi, je veux flasher mon Indien du coin.

Envie de vous gaver?

Shahi Tandori
326, rue Dorchester

Apportez votre vin
 
 
Il ne faut que trois choses pour que la magie opère : deux tranches de pain, du fromage, de la chaleur. Le plus étrange, c'est que ça marche même avec du fromage orange sans nom, du Gadoua et un feu de camp. Comme nous ne sommes pas en colonie de vacances, mais bien en territoire snob, notre grilled-cheese sera d'un chic fou. Suffit de le couper le petit doigt en l'air et c'est réglé.
Grilled-cheese prosciutto et miel
Prosciutto, cheddar fort et miel de sarrasin

Trois en trois

Trois ingrédients (et plus si affinités), c'est tout ce qu'il faut pour servir un grilled-cheese à ses invités sans être gêné :

Le pain
  • Choisissez un pain moelleux et peu croûté, de préférence chez votre boulanger
  • Privilégiez des pains «originaux», dont la saveur se mariera au contenu : pain aux olives, aux noix, aux fruits séchés (parfait pour le salé-sucré), aux épices
  • Beurrez votre pain : une généreuse couche de beurre demi-sel à la température de la pièce sur la face extérieure de vos tranches vous garantira une croûte croquante avec un minimum d'efforts
  • Pendant la cuisson à la poêle, si vous ne possédez pas de presse à panini, appuyez fermement sur la spatule (plate!) et ne retournez qu'une fois la face grillée, sinon, gare aux démembrements
  • Attention au feu trop élevé : vous aurez une belle croûte, certes, mais aussi un dedans bien froid

Le fromage
  • Votre seule limite, outre le budget, c'est votre imagination!
  • Si vous ne pouvez râper le fromage, pour un brie par exemple, faites des tranches minces en conservant un tour de croûte, si la croûte est lavée; c'est comestible et ça évitera les dégâts
  • Faites des associations : chéri est fan de chèvre ou de bleu et pas vous? Ajoutez un brie et coupez la poire en deux (littéralement : c'est délicieux, de la poire!)

 
 
Comme je vous envie, vous qui allez célébrer le Nouvel An les deux pieds sur le bitume new-yorkais (je ne vous envie juste pas la chambre d'hôtel au New Jersey). Puisque je suis bonne joueuse, au lieu de babouner dans mon coin parce que, pour la première fois depuis 3 ans, je ne vais pas à NYC en vacances, j'ai envie de vous proposer de bonnes adresses où vous restaurer en hiver. Vous me ramènerez des beignes!

Canard de bar
Le buzz davidchangesque a beau être un peu passé de mode chez nos voisins, le Momofuku Ssäm Bar continue d'être une adresse prisée. Il faut y passer le midi pour profiter à bas prix de la spécialité : le canard de rôtisserie (je vous entends penser à St-Hub et arrêtez-moi ça tu-suite) sur riz avec échalotes croustillantes et sauce mystère. Les plus hipsters d'entre vous se sentiront à la maison.

1 h 30 d'attente pour des ramen

On dit qu'une longue file d'attente à un resto est signe que l'on ne se trompe pas (même si cette réflexion peut difficilement être vérifiée à la halte-bouffe d'un centre d'achats un 23 décembre). Après avoir attendu plus d'une heure pour un bol de ramen chez Totto Ramen, je peux quand même dire que j'ai bien fait de passer proche perdre quelques orteils pour ça. La seule chose qui m'empêche d'affirmer que c'est exactement comme à Tokyo, c'est que je ne suis jamais allée à Tokyo. 

 
 
Ce n'est pas un restaurant. Ce n'est pas tout à fait une école de cuisine, mais ce n'est pas vraiment une boutique non plus. Il y a aussi un café qui sert des sandwichs, mais ce n'est pas une sandwicherie. Alors, quossé ça?

Ça, c'est le nouvel espace hybride de Marie-Chantal Lepage, ex-Château Bonne Entente. C'est tout ça et pas exactement. Et le MC dans Espace MC Chef n'a rien à voir avec les Écossais ni le clown du fast-food. Au cas où ce n'était pas clair (comme le reste).

 
 
Je suis mariée depuis longtemps déjà à Québec, fille tranquille. Une fois par année, je vais voir ma Grosse Pomme de maîtresse. Pour moi, Montréal, c'était un béguin de secondaire. Plus tard, dans mon coeur, la métropole n'était plus que la wannabe pas assez cool pour s'asseoir à la même table que Toronto, Vancouver et New York.

Samedi, j'ai changé d'idée. Je ne sais pas si c'était le buzz du Dimetap pour mon rhume ou le vertige de la vue de ma chambre d'hôtel (le Château Champlain, rien de moins!), mais Montréal me semblait soudainement pas mal cute. Récit de mes retrouvailles.

 
 
Entrer au Pied Bleu, c'est un peu entrer chez sa grand-mère, si sa grand-mère avait un super oeil pour la déco vintage (donc de son époque) et savait cuisiner des tripes. Bon, d'accord, ça n'a rien à voir avec aller chez mamie, mais on y est reçu comme à la maison. Et ça, c'est dur à battre en titi.

Après une première visite avec l'équipe de SAQ Cellier du côté du Bouchon d'inspiration lyonnaires et séduite par une cuisine réconfortante et peu commune à Québec, j'ai décidé d'essayer le brunch, dont on disait le plus grand bien dans les cercles gourmands de la ville.

Voici donc un Pied Bleu showdown!

Bruncher au boudin

Un vrai déjeuner, selon le Guide alimentaire carolinien, doit comporter au moins un élément des groupes alimentaires suivants : viandes et petites soûcisses, toasts beurrées, patates et féculents, café de qualité et fruits pour déculpabiliser. On regarde l'assiette végé en riant : aux autres, les vitamines!
Arroser un «1 oeuf, tête fromagée, bacon de porcelet extra boudin» d'un allongé et d'un jus pomme-grenade est la promesse d'un superbe samedi, je vous le garantis. Surtout si on a droit au dessert : mascarpone au kirsch et trottoir aux -pommes- *chicoutais.

Odeur de baloney

On se connaît depuis quelques heures à peine, mais le Bouchon nous réunit autour d'une même passion : la chère arrosée de vin. Les rires fusent autour d'un morgon (mon choix, qui l'aurait deviné?), qui fait bien des-cendre le pain trempé dans les tripes et la bouchée piquée dans la cocotte du voisin.
La fourchette s'aventure dans le boudin, échaudée d'expériences passées qui s'étaient soldées par un «pas pire mais pas top», et revient à la charge.
Ça sent le baloney... et l'envie de recommencer. Pourquoi pas en déjeuner, tiens?
Il ne faut pas être peureux ni coincé de la viande pour savourer le Pied Bleu, d'un côté comme de l'autre, en plein soleil ou avec son dernier verre. Mais c't'un beau trip, comme l'a résumé mon ami Guillaume (trip/tripes... la pognez-vous?)

Envie de comparer?

Le Bouchon du Pied Bleu
Le Pied Bleu -cuisine ludique-
179-181, rue Saint-Vallier Ouest

Brunchs les samedis et dimanches dès 10 h
 
 
Il n'y a pas de meilleur endroit à Québec pour lentement dire adieu à sa vingtaine, ou saluer la trentaine qui approche, ou faire des tatas à n'importe quelle -aine que Le Moine Échanson.

En fait, le Moine fait tellement partie de mon carnet de recommandations (On va où pour boire un verre? Au Moine! J'ai un petit budget resto, je t'invite où? Au Moine! et ainsi de suite, vous comprenez le concept) que je m'explique mal mon silence à son sujet sur mon blogue pendant plus d'un an et demi.
Alors que Guillaume Barry, le chef de cuisine, tirait vendredi sa révérence de mon bistro préféré et que les beignets de morue avec mayo au curcuma n'en avaient que pour deux semaines encore sur la carte, j'ai fait de petits yeux de Bambi pour y fêter mon anniversaire un mois à l'avance. Pis même si ma fête avait été en mars, j'aurais employé la même tactique. Que voulez-vous, les beignets n'attendent pas et le Moine me manquait.
L'anniversaire n'était qu'un prétexte pour sortir et se faire chouchouter. Rares sont les endroits à Québec qui proposent une cuisine à la fois inventive et réconfortante, arrosée de bons vins d'importation privée (et même à emporter!), à un prix qui ne nous restreint pas à une expérience annuelle.

La carte suit les saisons, ce qui ajoute à l'envie d'habitude : il faut se dépêcher d'attraper nos coups de cœur avant qu'ils ne disparaissent pour un an... ou à jamais!

Et parce que l'équipe de Bertrand adore être fidèle à l'étymologie, il faut se laisser servir comme si l'on était un roi, un prince, ou une duchesse, tiens. C'est à cela que sert un échanson, après tout.

Envie d'y être abonné?

 
 
Dire que j'attendais cette soirée depuis deux ans n'est pas une exagération, malgré ma propension naturelle à celle-ci. Insatisfaite professionnellement, j'avais eu droit à un marché : «si tu changes d'emploi dans la prochaine année, je t'emmène à La Tanière». Heureusement que l'offre n'avait pas de date d'expiration...
Tranche de vie à part, j'ai enfin eu droit à mon 20 services si bien nommé Révolution. Malgré l'excitation, je me demandais bien comment j'allais passer à travers 6 services de plus qu'au Momofuku Ko, alors que 14 me semblait être un chiffre du diable (y'a pas de punch à cette anecdote, j'ai failli virer de l'oeil après 11, pour tout dire).

Disons-le tout de suite et bien franchement : les attentes étaient hautes. Non seulement mon fiancé et moi avions vu le chef Frédéric Laplante au Foodcamp (paraît d'ailleurs que la sommelière m'a reconnue : oui, c'était moi la fille trop motivée au premier rang), mais j'ai ma petite fixation moléculaire et nous sommes des habitués du wd-50 à New York. Et, en plus, j'attendais ça depuis deux ans (j'en remets). Fallait que ça soit su'a coche, comme diraient les gens cools et branchés.

Puisque le plaisir, à mon avis, de La Tanière, c'est de se laisser surprendre par les plats, je préfère vous laisser rêver avec les quelques photos ci-dessous plutôt que de vous commenter le menu en 20 points. Sachez que ce dernier change chaque saison, et que ce qui vous fait saliver aujourd'hui est à déguster maintenant ou jamais.
Oui, il y a de la sphérification, de la glace sèche (dans le sublime hommage au gargouillou de Michel Bras), des espumas, du sorbet refroidi à l'azote liquide, du faux cappucino, bref, tout l'arsenal du petit chimiste cuisinier 101. Mais derrière ce qui peut parfois paraître comme de l'esbrouffe se cache un désir réel de mettre en valeur des produits québécois, comme le thé du Labrador, la pintade, le bleuet, le loup marin (la façon de dire qu'on mange du phoque sans faire pleurer Paul McCartney), le piment d'argile (de la même famille que le piment d'Espelette, capsicum gorria), l'argousier et des dizaines d'autres. Le tout en accords réussis, souvent surprenants, avec des vins nature.

Mon chouchou vinicole : les Larmes de Divona, un pinot noir brut effervescent de Bourgogne, qui accompagnait un homard à la vanille.

Mon interrogation culinaire : avoir été inattentifs, on aurait mangé la lingette à la lavande, en se disant que c'était peut-être un won-ton revisité.

Mon exclamation de plaisir : la barbe à papa au canard et à la truffe, comme un amusement enfantin pour les grands.

Ma satisfaction de connaisseuse : le sanglier servi façon scotch, dans un bouillon à boire à même le ballon.

Ma petite déception : les deux desserts, bons sans être aussi épatants que les 18 autres services, ce qui donne quand même un score assez pas pire.

Ma joie d'invitée : le service attentionné et impeccable, juste ce qu'il faut, quoi.

Mon boni (en deux temps) : d'abord, la capsule à ramener à la maison, qui contient le menu (autographié, toé, chose!), de la gelée et une mignardise pour le lendemain matin (si quelqu'un a encore faim). Puis, à ma demande presque gênée, la chance d'avoir pu entrer en cuisine pour féliciter le chef (et, accessoirement, zieuter les stations).
Mignardise
Les plus curieux ou ceux imperméables aux émécheurs pourront zoomer la photo afin de découvrir la pléiade de plats inventifs, parfois curieux, qui nous ont été servis.
J'avais lancé la question à la blague sur ma page Facebook : mais pourquoi diable n'ai-je pas fini mes cantuccis?
La réponse : ils étaient à l'abricot... et à l'anis. Désolée, M'sieur Laplante, j'ai beau essayer, ça ne passe pas. Et non, cela ne termina pas la soirée sur une note amère, sans jeu de mots. Je vous ai dit que je reviendrais, et je tiendrai ma promesse. Et pas forcément à ma prochaine job.

Envie de vous faire gâter?

La Tanière
2115, rang Saint-Ange
Québec
 
 
T'as faim de culture, de musique, mais ça cale pas trop l'estomac? T'as lu les suggestions de Stéphanie Bois-Houde pis tu t'es dit «ayoye, dire que je chialais sur le prix du macaron...»? Pas de panique, v'la le sac en papier brun qui règle tes angoisses : où sortir, où manger, où digérer ton orgie musicale pendant les deux semaines du Festival d'été de Québec.

Apéro radio

D'abord, on commence par une p'tite bière dès 16 h à la Ninkasi, qu'on sirote en écoutant Chéri-e, j'arrive à CHYZ en direct à trois pieds de soi. Et quand on sait que ninkasi veut dire «dame qui remplit la bouche» en sumérien... Ben, je ne sais pas trop où je voulais en venir avec ça, mais je trouvais ça à propos. Laissez donc la déesse sumérienne emplir votre gosier pendant que les dieux universitaires s'occupent de vos oreilles.

Folk sans fourchette

Après avoir fait de la grosse buée dans tes grosses lunettes en écoutant City and Colour chanter à quel point la vie c'est triste et l'amour c'est beau, ou inversement, il n'y a qu'une place où tu peux atterrir pour sécher tes pleurs : Le Cercle. Là, tu pourras te gaver dans les churros, et surtout, en parler sur Instagram.

Crème glacée funk déjanté

Certes, la glace italienne du Tutto Gelato et le funk d'Osaka Monaurail n'ont aucun rapport ensemble. Mais gageons que vous atterrirez au premier après avoir sué à groover avec le deuxième.

Des roteux pour les rockeux

Messemble qu'il n'y a rien de mieux pour accompagner un p'tit Bon Jovi qu'un bon relish-moutarde. La poutine de fin de soirée est aussi un must, histoire de se refaire les mollets après six heures debout d'affilée. Pour ça, et pour satisfaire sa faim de nionnionnerignes à 2 h du mat', c'est au Snack-bar Saint-Jean que ça se passe. À voir la file, c'est à se demander si c'est pas le QG du Festival d'été. Je propose d'ailleurs qu'on déménage les bureaux juste au-dessus, ça fera plus proche pour les employés le lendemain matin.

Fiesta pour weirdos

D'accord, on n'y trouve pas de quesadilla au crabe de poche. Mais le Mexway est l'endroit tout indiqué pour se bourrer la face avant de se la faire rocker solide par Les Goules, de retour au Festival OFF à deux pas de là. Comme ça, ça vous en fait pas trop long à marcher si vous avez abusé du bar à margarita.

Un shooter à la gloire du punk

Deux Irish car bombs pour 8 $. C'est probablement ce qu'il va vous rester dans les poches comme petite monnaie après avoir trashé sur du bon vieux Grimskunk. Et c'est au Pub Nelligan's que ça se prend, et pas ailleurs.

Pour se calmer les nerfs

Vu que ça peut être dur sur le système, 10 jours de tapage de pied et de danse pas tout à fait sur le rythme, il faut prendre le temps de relaxer, de recharger ses batteries. Ça, c'est chez Sebz Tea lounge que ça se passe. Un oolong à la main, on se met dans le beat pour Patrick Watson.

On se rejoint où?

La Ninkasi
811, rue Saint-Jean

Le Cercle
228, rue Saint-Joseph Est

Tutto Gelato
716, rue Saint-Jean

Snack-bar Saint-Jean
780, rue Saint-Jean

Mexway
819, côte d'Abraham

Pub Nelligan's
789, côte Sainte-Geneviève

Sebz Tea lounge
67, boulevard René-Lévesque Est

Pour se pratiquer les vocalises